Basia Embiricos oficerem Sztuki i Literatury

Monsieur le ministre, cher Jean-Pierre, merci pour ces mots qui me touchent beaucoup.

Merci à tous pour votre présence !

L’amitié a toujours été ma boussole.

Elle a conduit mes actions, développée ma curiosité, m’a permit de découvrir des univers différents, partager des émotions…parfois..fortes.

L’aventure de la vie m’a fait embrasser dans ma seule existence des systèmes politiques, des fortunes et des lieux divers.

Née juste après la guerre, j’étais nourrie en direct d’histoires de pertes, de déplacements, de déportations…observant mon père, un survivant des camps de prisonniers après sa célèbre charge de la cavalerie, contre les tanks allemands…

Un passé si proche, ma famille venait depuis des générations de Wilno, la ville polonaise, devenue Vilnius, capitale de la Lituanie.

Je me souviens de la mort de Staline avec la maîtresse d’école en sanglots, des communiqués diffusés les matins par les haut parleurs, du retour d’un oncle en 1959 déporté en Sibérie en 1942.

Le temps de l’école, nous chantions en choeur „l’Internationale” tous les matins, et serrés les uns contre les autres nous chantions aussi dans les églises, l’église alors première force de l’opposition…

Je me souviens du lycée, de l’Université, du service militaire de réserve obligatoire, des exercices dans les polygones, nous apprenions la guérilla urbaine : fabriquer les cocktails molotov, démonter une kalaschnikov… de doux souvenirs comme vous pouvez l’imaginer…

Et très vite, l’impression de claustrophobie s’installe, ne plus pouvoir supporter l’interdiction de passeports, de ne pas avoir la possibilité de partir hors des frontières atrocement bien gardées, et la peur…la peur du voisin, la peur du passant, la langue de bois, les communiqués « politiquement corrects »…

L’arrivée à Paris fut une délivrance. Plus de censure, plus de murs tout autour, tout semble enfin possible, le bonheur de travailler ! Mes idées trouvent preneur : illustrations, mode, presse, édition, design, photographies, galeries et les fêtes .. le tout en parallèle avec la vie de famille les enfants, les voyages, pouvoir partir à tout moment, bref décider de sa vie.

J’adresse une pensée toute particulière à Jean Claude Rossignol qui m’a fait découvrir le monde de la presse, et le pays normand que j’affectionne particulièrement.

Et à Maris Embiricos qui m’a fait découvrir la Grèce, si essentielle à l’Europe, si importante dans ma vie, et évidemment mes enfants qui m’épatent tous ls jours : Igor Felicia, Sacha, et Nina, tous nés à Paris, dont je suis si fière !

Une pensée reconnaissante à Michèle Rossignol la partenaire précieuse dans l’élaboration de notre livre de cuisine pour les navigateurs.. déjà en 1975 … et une admiration toute particulière à Andrée Stassard, une amie.

Je réalise pleinement les largesses du destin qui m’ont permis d’embrasser tellement d’expériences divers, et surtout d’expérimenter ce que peut être la liberté ou son absence.

Avec l’espoir que ces bonheurs pourront perdurer pour les générations futures, Vive la démocratie, Vive l’Amitié, Merci la France !!!